Le nouveau palais de justice de Béziers

23 Mar 2017

Les participants

  • ALRIC Pierre
  • CALL Danielle
  • CAMILLERI Joseph
  • DELOUR François
  • DIAZ Alain
  • JULIEN Alain
  • NESEN Suzanne
  • NITUS Jean-Pierre
  • RAGONNAUD Jean-Claude
  • RIUS Bernard
  • SANCHEZ Marie-Paule

Publication ISSUU

Vous pouvez lire la publication sur le nouveau palais de justice de Béziers ICI

Le nouveau palais de justice de Béziers

Un monument qui interroge.

Voilà presque un an que le palais de justice a été inauguré. Il regroupe désormais les quatre juridictions de l'arrondissement :
    -le tribunal des prud'hommes
    -le tribunal de commerce
    -le tribunal d'instance T.I.
    -le tribunal de grande instance T.G.I.

A première vue, pour le profane, le bâtiment choque. Il apparaît comme un bloc de béton et avec un peu d'humour on pourrait parler de blockhaus.

Quel cheminement architectural depuis l'ancien construit au centre du palais épiscopal qui exprimait majesté et puissance. Mais en s'approchant du nouveau et en y pénétrant on s'aperçoit que le béton a été travaillé pour lui donner une apparence de blocs de rochers et que la lumière intérieure s'organise autour de puits de lumière, de patios de type méditerranéen qui donnent d l'ensemble une impression voulue de calme et de sérénité.

Construit dans un quartier dynamique de la ville et loin du centre historique, le palais de justice se veut proche des gens et fonctionnel.
Ces deux mots sont bien d'actualité. Ce nouvel édifice assez éloigné de la majesté des anciens bâtiments qui pouvaient être interprétés par les gens du peuple comme construits par et pour la justice des riches.

A l'intérieur le palais exprime une certaine sérénité par l'uniformité des couleurs, la douceur des tons choisis, l'utilisation importante de bois de chêne, les plantations de fougères et d'oliviers. Cet environnement a été voulu pour apaiser les justiciables qui en ont bien besoin.

La réflexion a été poussée assez loin. En effet on a surdimensionné les bureaux d'accueil pour éviter une trop longue attente ; il est proposé de nombreux bancs pour soulager la fatigue des familles des prévenus.

Pour parfaire l'impression de proximité et de transparence le palais possède un parvis (code architectural majeur de la justice) qui est d l'intérieur de l'ensemble mais ouvert sur l'espace public. Il y a été planté un chêne (symbole de justice) qui se reflète sur des murs en verre exprimant la transparence.

Autre aspect de la modernité : la fonctionnalité. Ici surtout pour la sécurité et pour le bon déroulement de la vie judiciaire il a été conçu des circuits distincts pour :
    - Les magistrats, les avocats
    - Le personnel judiciaire
    - Le public
    - Les détenus

Après discussion avec l'ensemble de ces personnes les avis sont partagés. Les uns louent l'organisation de cloisonnement les autres s'en plaignent et parlent d'un système déshumanisé avec des portes fermées à clé et une communication difficile.

Il en est de même pour l'ancienne et la nouvelle prison. Les personnels qui ont travaillé sur les deux sites parlent d'une amélioration évidente du confort et de la sécurité pour tout le monde dans les bâtiments neufs mais quelque part d'une perte d'humanité. Il faut donc encore progresser.

Une avocate m'a dit : « je préférais l'ancien palais où la communication était bruyante et un peu désorganisée, mais elle permettait une approche plus humaine des problèmes. On était plus libre de ses mouvements !! »

Ce palais de justice nous fait grandement réfléchir sur notre époque. En effet la modernité de l'architecture nous a fait réviser notre première impression très critique pour faire place à la prise de conscience d'un réel effort pour une justice plus proche des gens mais la sectorisation du système a provoqué l'inverse.

Dans le fond il faudra bien un jour réaliser que d'adapter l'architecture c'est bien, mais éduquer le comportement des hommes c'est mieux.

© François DELOUR
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