La boîte à musique

23 Jan 2017

Les participants

  • CALL Danielle
  • CAMILLERI Joseph
  • DEL MORAL Annie
  • DELOUR François
  • DOUMENC Jean
  • ESCANDE Jean-Marie
  • GARNIER Jean
  • GAY Geneviève
  • INVERSIN Marc
  • JULIEN Alain
  • MOULIS Elise
  • NESSEN Suzanne
  • NITUS Jean-Pierre
  • PATROUIX Françoise
  • RAGONNAUD Jean-Claude
  • SANCHEZ Marie-Paule
  • TREBOSC Marie-Louise
  • VOËT Irénée

Publication ISSUU

Vous pouvez lire la publication sur la boîte à musique ICI

La boîte à musique

Le 23 Janvier 2017, les photographes s'aventurent dans le Vieux Béziers, rue du Capus et au 7 rue du Soleil, de la musique arrive à nos oreilles, une musique venue de loin, une musique « barbare » la porte de la « Boite à Musique » s'ouvre, un chat s'enfuit à notre arrivée, va se réfugier derrière une orgue de barbarie, un homme tourne vivement la manivelle de l'instrument, et l'ouverture de « Carmen » emplit nos oreilles, nous replongeant dans les férias du mois d'Août.

Tournant sa manivelle, l'organiste se nomme Pierre Charial c'est un noteur, mais avant tout c'est un musicien qui depuis 1975 conçoit, fabrique et diffuse des cartons perforés pour orgues de barbarie.

Délaissant son instrument, il nous fait découvrir son atelier, véritable musée vivant (il n'aime pas ce mot) dédié à l'orgue de barbarie. A l'entrée, un orchestrophone (orgue limonaire de foire), une boite à musique à cylindre originaire du Haut-Rhin (avec huit airs au programme), une boite à musique à disques Ralliope (ancêtre du juke-box), un piano qui joue tout seul (pianiste fantôme ou clavier automatique ?), et, bien sur, différents modèles d'orgues de barbarie, dont l'orgue-roi hérissée de tuyaux en bois de toutes tailles, avec, pour les nourrir les 10000 cartons perforés avec un catalogue de 1400 titres qui reposent sur les étagères qui, du sol au plafond, tapissent les murs de l'atelier !

Pierre Charial, qui a reçu en2006 le titre de Maitre d'Art des mains du ministre de la culture, tourne à nouveau la manivelle « La Complainte de la Butte » « Se Canto » s'élèvent dans l'atelier.

Puis il nous mène au fond de son domaine où évolue son élève à qui il transmet son savoir. Au milieu d'un bric-à-brac, des rouleaux de carton vierge qui deviendront des accordéons de cartons perforés. Un ordinateur sur lequel il écrit et transcrit les partitions, un autre ordinateur qui commande la machine à perforer, précise et rapide, mais avant l'utilisation de l'informatique, il dessinait et plaçait manuellement ses trous dans ses cartons sous le seul contrôle de l'oreille.

Retour au milieu des instruments pour un dernier morceau ! Mais auparavant, dans un désordre organisé, une boite à musique miniature à cylindre, un coucou suisse, une tête de noir roulant des yeux, une reproduction de « La Voix de son Maitre » (Pathé-Marconi), une « serinette » qui apprenait à chanter aux serins se dévoilent à nos yeux et à nos oreilles.

Pour finir, Pierre Charial a choisi le « Concerto pour une machine à écrire » ! Nous allons prendre congé, mais le camarade François, fouinant dans les étagères, met la main sur un carton qui lui rappelle les combats de sa jeunesse . Pierre Charial insère le carton dans l'orgue, tourne la manivelle, les notes s'élèvent, et François et ses camarades entonnent « L'Internationale » ... poing gauche levé !

Il est temps de remercier notre noteur, et après ce chant révolutionnaire le chat peut retrouver sa tranquillité !

© Jean-Pierre NITUS
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